DALF C1 : la synthèse vous fait peur ? Nous n’allons pas commencer par une synthèse ! (Cours N°2 - 18 septembre)

Deux documents relativement longs. 220 mots à rédiger. Des idées à sélectionner, reformuler, rapprocher et organiser. Et surtout : interdiction de donner son opinion.
Pour beaucoup de candidats au DALF C1, la synthèse de documents est l’une des épreuves les plus redoutées.
Et je peux le comprendre.
Lorsqu’on découvre cet exercice pour la première fois, on peut avoir l’impression qu’il faut tout faire en même temps : comprendre deux documents exigeants, prendre des notes, identifier les idées essentielles, construire un plan, reformuler, respecter la neutralité, surveiller le nombre de mots…
Résultat ?
On ne sait plus par où commencer.
C’est précisément pour cette raison que, pendant le cours nº 2 de ma formation DALF C1, nous n’allons pas commencer… par une synthèse complète.
Pourquoi la synthèse paraît-elle si difficile ?
Une erreur fréquente consiste à considérer la synthèse comme un exercice de rédaction.
On lit les documents, puis on cherche immédiatement :
« Qu’est-ce que je vais écrire ? »
Mais la difficulté commence bien avant la rédaction.
Face à un document, il faut d’abord savoir distinguer :
ce qui est essentiel de ce qui est secondaire ;
une idée d’un exemple ;
un argument d’une illustration ;
une information nouvelle d’une répétition.
Et lorsque deux documents sont proposés, une difficulté supplémentaire apparaît : il faut comprendre comment leurs idées se rencontrent, se complètent, se précisent ou s’opposent.
C’est là que beaucoup de candidats commencent à perdre le fil.
L’erreur classique : résumer les deux documents séparément
Imaginez deux documents : A et B.
Un premier réflexe consiste souvent à procéder ainsi :
DOCUMENT A → résumé du document A
puis :
DOCUMENT B → résumé du document B
Le candidat a compris les textes. Il les a raccourcis. Il les a parfois correctement reformulés.
Pourtant, quelque chose manque encore.
Il n’a pas véritablement construit une synthèse.
Pourquoi ?
Parce qu’une synthèse n’est pas une succession de deux résumés.
Une synthèse n’est pas le résumé du document A suivi du résumé du document B. C’est une nouvelle organisation des idées contenues dans les deux documents.
Et ce changement de perspective est fondamental.
Alors, par où commencer ?
C’est justement ce que nous allons travailler demain (vendredi 18 septembre).
Je ne vais pas donner immédiatement aux participants deux longs articles en leur disant :
« Vous avez une heure. Faites une synthèse. »
Ce serait un peu comme apprendre à nager en commençant directement au milieu de la piscine.
Nous allons d’abord isoler les compétences dont ils auront réellement besoin.
Quatre verbes vont guider notre travail :
SÉLECTIONNER → REFORMULER → CROISER → ORGANISER
SÉLECTIONNER
Tout ne mérite pas d’apparaître dans une synthèse.
Un exemple peut être passionnant sans être indispensable.
Une statistique peut attirer l’attention sans constituer une idée nouvelle.
Une anecdote peut être mémorable et pourtant devoir disparaître.
L’une des premières compétences consiste donc à se demander :
« Si je supprime cette information, est-ce que je perds une idée essentielle du document ? »
REFORMULER
Reformuler ne consiste pas simplement à remplacer quelques mots par des synonymes.
Changer entreprise par société, important par essentiel et augmenter par progresser ne suffit pas nécessairement.
Au niveau C1, il faut progressivement apprendre à reconstruire l’information avec ses propres ressources linguistiques, tout en restant parfaitement fidèle au sens du document.
C’est une compétence que nous allons entraîner progressivement.
CROISER
C’est probablement le geste le plus important.
À un certain moment, il faut presque cesser de penser :
« Que dit le document A ? Que dit le document B ? »
pour commencer à se demander :
« Que disent ces deux documents sur la même question ? »
Les documents disparaissent progressivement derrière les idées.
Et c’est à ce moment-là que commence réellement la synthèse.
ORGANISER
Une fois les idées essentielles sélectionnées et rapprochées, il devient beaucoup plus facile de constater que certaines peuvent être regroupées.
On ne cherche plus désespérément un « beau plan ».
On observe les relations entre les informations.
Certaines idées parlent du même problème. D’autres présentent deux aspects complémentaires. D’autres encore introduisent une limite ou une opposition.
L’organisation du texte commence alors à apparaître.
Nous allons commencer petit
Pour ce deuxième cours, les participants ne vont donc pas affronter immédiatement deux énormes documents.
Nous allons volontairement réduire la difficulté.
Un texte court pour apprendre à sélectionner.
Quelques phrases pour travailler la reformulation.
Puis deux documents beaucoup plus accessibles pour apprendre à repérer les idées essentielles et, surtout, à les faire dialoguer.
La longueur viendra ensuite.
Parce que mon objectif n’est pas qu’un candidat réussisse une synthèse une fois par hasard.
Je veux qu’il comprenne ce qu’il fait et pourquoi il le fait.
La synthèse complète viendra ensuite
Au fil de la formation, la difficulté augmentera progressivement.
Les documents deviendront plus longs.
Les informations seront plus nombreuses.
Les relations entre les textes deviendront plus complexes.
Le temps sera progressivement davantage contraint.
Et nous arriverons naturellement aux conditions réelles du DALF C1.
Mais lorsque les participants rencontreront leurs premiers documents longs, je veux que la longueur soit nouvelle, pas la méthode.
Ils auront déjà appris à :
repérer → sélectionner → reformuler → rapprocher → organiser.
Ils pourront alors concentrer leur énergie sur la complexité des documents plutôt que d’essayer de découvrir simultanément toutes les règles de l’exercice.
Et si la synthèse devenait moins effrayante ?
La synthèse est exigeante. Je ne vais pas prétendre le contraire.
Mais elle devient beaucoup plus accessible lorsqu’on cesse de la considérer comme un énorme exercice indivisible.
Elle est composée de plusieurs compétences.
Et chacune de ces compétences peut être travaillée séparément.
C’est exactement ce que nous allons commencer à faire pendant ce deuxième cours.
Une règle à retenir avant même de commencer
NE RÉSUMEZ PAS LES DOCUMENTS. FAITES DIALOGUER LEURS IDÉES.
C’est probablement l’un des réflexes les plus importants à acquérir pour progresser dans cet exercice.
Cours nº 2 demain :
la synthèse sans panique
Aujourd’hui, nous consacrons donc 1 h 30 à cette première entrée progressive dans la synthèse de documents.
Pas de plongée immédiate dans deux textes interminables.
Pas de modèle à apprendre par cœur.
Pas de recette magique.
Nous allons construire les premiers réflexes, étape après étape.
Et ce cours ne sera évidemment que le début : nous reviendrons régulièrement sur la synthèse pendant la formation, avec une difficulté croissante.
Vous pouvez encore rejoindre la formation DALF C1
La formation vient de commencer.
Vous avez manqué le premier cours consacré à l’opinion, l’argumentation et la nuance ?
Ce n’est pas un problème.
Tous les cours sont enregistrés et disponibles en replay.
Vous pouvez donc rejoindre le groupe maintenant, regarder le premier cours tranquillement et poursuivre ensuite la formation avec les autres participants.
Pendant neuf semaines, nous travaillerons progressivement les différentes compétences nécessaires pour aborder le DALF C1 avec davantage de méthode et d’autonomie.
Comprendre. Reformuler. Synthétiser. Argumenter. Nuancer. Écrire. Prendre la parole.
Et surtout : comprendre ce que l’on fait au lieu d’appliquer mécaniquement des recettes.
DALF C1 — LA SYNTHÈSE SANS PANIQUE
Cours nº 2 — aujourd’hui
SÉLECTIONNER → REFORMULER → CROISER → ORGANISER
Vous pouvez encore rejoindre la formation et retrouver le cours nº 1 en replay.
Bruno MILET
Professeur de français en ligneDirecteur de l’Académie Bleu Merle
FORMATIONS DELF / DALF / GRAMMAIRE / LITTÉRATURE / PROFS DE FLE / OPOSICIONES EOI ESPAGNE





Commentaires