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DALF C1 / C2 : des expressions idiomatiques, oui… mais surtout savoir les utiliser !

1 sept.
5 min de lecture

Pour réussir le DALF C1 ou le DALF C2, les expressions idiomatiques peuvent considérablement enrichir les productions écrites et orales. Encore faut-il savoir les employer avec précision et naturel.


La réponse semble évidente : apprendre du lexique de niveau avancé, des collocations, des expressions idiomatiques, des tournures soutenues…


Mais apprendre ne suffit pas.





On peut connaître des dizaines d’expressions et être incapable de les employer naturellement le jour de l’examen.



NOUVEAUTÉ FORMATIONS DALF C1/C2 - C’est précisément pour cette raison que je vais désormais intégrer à mes formations DALF C1 et DALF C2 un travail systématique sur les expressions idiomatiques contextualisées.

L’objectif n’est pas de collectionner de « belles expressions », mais d’apprendre à les mobiliser au service d’une argumentation.


Passer du vocabulaire passif au vocabulaire actif

Beaucoup d’apprenants de niveau avancé rencontrent le même problème.


Lorsqu’ils lisent un article ou écoutent une émission de radio, ils comprennent parfaitement des expressions comme :

être la variable d’ajustement,


faire le lit de quelque chose,


jeter un voile pudique sur,


briser l’omerta,


mettre quelqu’un au pied du mur, naviguer à vue ou encore


jouer les pompiers pyromanes.


Pourtant, lorsqu’ils doivent eux-mêmes prendre la parole pendant dix minutes ou rédiger une production argumentée, ces expressions disparaissent.


Ils reviennent alors spontanément vers un vocabulaire beaucoup plus neutre :

Il y a un problème.
L’État est responsable.
Cette situation est dangereuse.
Il faut trouver une solution.

Ces phrases peuvent être parfaitement correctes. Mais aux niveaux C1 et, plus encore, C2, on attend du candidat qu’il soit capable de préciser, nuancer et moduler sa pensée.

Comparer :

Les collectivités ont contribué à créer le problème qu’elles dénoncent aujourd’hui.

et :

Les collectivités ne peuvent jouer les pompiers pyromanes en dénonçant aujourd’hui les conséquences d’une politique du moins-disant qu’elles ont elles-mêmes contribué à instaurer.

L’idée est proche. Mais la seconde formulation apporte davantage de densité lexicale, de force argumentative et de maîtrise rhétorique.


C’est cette capacité que nous allons travailler.


Une vingtaine d’expressions autour de chaque grande thématique

Le principe sera simple.


À partir des grands thèmes abordés pendant les formations, je proposerai progressivement aux élèves une sélection d’expressions idiomatiques, imagées ou particulièrement expressives, adaptées à un registre soutenu.


Par exemple, autour du thème :

Service public, privatisation et vulnérabilité

nous pouvons travailler des expressions telles que :


faire passer quelque chose sous les fourches Caudines de…,


ouvrir la boîte de Pandore,


être l’arbre qui cache la forêt,


porter les germes de…,


faire le lit de…,


se défausser sur quelqu’un,


pallier les carences de…,


mettre le doigt dans l’engrenage,


être le parent pauvre de…,


tirer la sonnette d’alarme,


briser l’omerta,


mettre un cautère sur une jambe de bois



Certaines reposent sur une métaphore, d’autres sur une référence historique ou mythologique, une exagération, un euphémisme ou un paradoxe.


Mais surtout, chacune permet de dire quelque chose de précis.


Pas de listes à apprendre par cœur !

C’est un point essentiel de ma démarche.


Je ne souhaite surtout pas que mes élèves mémorisent vingt expressions le dimanche pour les oublier le mercredi suivant.


Nous allons au contraire les mettre immédiatement en situation.


Après avoir découvert une expression, compris son sens, son registre et ses contraintes d’emploi, il faudra la réutiliser.


Prenons :

être la variable d’ajustement

Il ne suffit pas de savoir que l’expression désigne l’élément sur lequel on agit pour maintenir l’équilibre d’un système.


Il faut être capable de produire spontanément :

Dans un contexte de restrictions budgétaires, les services publics ne sauraient devenir la variable d’ajustement des politiques de réduction des déficits.

Puis de transposer cette expression à d’autres thèmes :

Les salariés ne peuvent éternellement servir de variable d’ajustement aux stratégies de compétitivité des entreprises.

Ou encore :

La protection de l’environnement risque de devenir la variable d’ajustement d’une politique entièrement tournée vers la croissance économique.

À ce moment-là, l’expression commence réellement à appartenir à l’élève.


Réutiliser les expressions dans les productions écrites

Ce travail sera directement intégré aux productions écrites de DALF C1 et C2.


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Lorsque nous travaillerons sur un sujet, les élèves devront identifier parmi les expressions étudiées celles qui pourraient naturellement servir leur argumentation.


L’objectif ne sera évidemment pas d’en placer dix artificiellement dans une copie.


Ce serait même contre-productif.


Une expression idiomatique employée à mauvais escient ou introduite uniquement pour impressionner le correcteur peut donner une impression de récitation.


En revanche, deux ou trois expressions parfaitement intégrées, pertinentes et adaptées au registre peuvent considérablement enrichir une production.


Nous travaillerons donc non seulement sur le lexique, mais aussi sur la question fondamentale de la pertinence.


Pourquoi cette expression ici ?


Quelle nuance apporte-t-elle ?


Est-elle compatible avec le registre du texte ?


Renforce-t-elle réellement l’argument ?


Et surtout : les faire vivre à l’oral

Le même travail sera effectué pendant les monologues et les débats.


C’est probablement là que l’exercice devient le plus intéressant.


À l’écrit, on dispose encore de quelques secondes pour chercher une formulation. À l’oral, le vocabulaire doit être suffisamment automatisé pour apparaître spontanément.


Nous chercherons donc à passer progressivement de :


Je comprends l’expression


à :

Je sais l’utiliser


puis, idéalement :

Je l’utilise spontanément lorsque le contexte s’y prête.


Pendant les débats, les élèves seront ainsi encouragés à réinvestir les expressions travaillées en cours pour concéder, réfuter, nuancer, dénoncer une contradiction, introduire une conséquence ou renforcer un argument.


Enrichir le vocabulaire… mais aussi la pensée

C’est finalement l'aspect qui m'intéresse le plus.


Une expression idiomatique n’est pas uniquement un élément décoratif destiné à « faire C1 » ou à « faire C2 ».


Elle constitue souvent une manière particulière de conceptualiser une situation.


Dire qu’une mesure est un cautère sur une jambe de bois, ce n’est pas simplement dire qu’elle est insuffisante : c’est suggérer qu’elle traite superficiellement les symptômes sans s’attaquer aux causes profondes.


Dire qu’une décision ouvre la boîte de Pandore, c’est introduire l’idée d’un processus dont les conséquences pourraient devenir incontrôlables.


Dire qu’un phénomène fait le lit de quelque chose, c’est établir une relation de causalité indirecte.


Dire qu’une institution joue les pompiers pyromanes, c’est dénoncer la contradiction consistant à prétendre résoudre un problème que l’on a soi-même contribué à créer.


Enrichir son lexique permet donc aussi d’affiner son raisonnement.


Et c’est précisément ce que l’on recherche aux niveaux DALF C1 et C2.


Un nouveau rendez-vous régulier dans mes formations DALF

À partir des prochaines formations DALF C1 et DALF C2 qui débuteront le 14 septembre, ce travail deviendra donc systématique.


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Au fil des thématiques abordées, nous constituerons progressivement une véritable boîte à outils lexicale et rhétorique, mais toujours avec le même principe :

comprendre → contextualiser → réemployer → automatiser.


Pas de vocabulaire appris pour remplir une fiche.


Pas d’expression sophistiquée placée artificiellement dans une copie.


L’objectif sera de construire progressivement un vocabulaire actif, précis, nuancé et réellement disponible, aussi bien à l’écrit qu’à l’oral.


Parce qu’au DALF C1 et au DALF C2, la richesse lexicale ne consiste pas à connaître les mots les plus compliqués.


Elle consiste surtout à trouver l’expression juste, au bon moment, pour dire exactement ce que l’on veut dire.

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